PLONGEE SOUS GLACE PANTICOSA février 2012

LA GLACE ON EN VEUT ET ON EN A EU

 

            Par un pur hasard le choix de notre sortie en montagne pour plonger dans les lacs d’altitude espagnols s’est fait le week end le plus froid de l’année.

            Départ : VENDREDI à 14 H 30 de NERAC. Arrivés à PAU il nous est signalé que du fait des conditions météorologiques le col du Pourtalet était fermé. Il nous a fallu contourner la difficulté en passant par le col du Somport et allonger notre itinéraire en gagnant d’abord JACA, puis SABINANIGO pour enfin attaquer la montagne qui nous amène aux BALNEARIOS DE PANTICOSA. Altitude 1700 m.

            L’hébergement se fait dans un chalet de haute montagne classique avec dortoirs, sanitaires et toilettes communs et une grande pièce à usage de réfectoire, le tout dans la bonne tradition montagnarde. Il est un fait certain qu’avec nos sacs et notre matériel nous ne ressemblions en rien aux Izards des montagnes mais tant pis, l’originalité était au rendez-vous.

         Présentation de l’équipe Française : Jean Pierre MONGODIN, David BUTTIGNOL, Lionel BUZET et votre humble serviteur, Tony MERLE tous du CLUB SUBAQUATIQUE AGENAIS. A notre groupe s’est joint Fabrice DAGA, grand organisateur de la sortie, MF 2 (FFESSM), et membre du club de Saragosse « LA BURBUJA ALEGRE «  (La bulle joyeuse). Son équipe espagnole était composée de Daniel CRUZ ALVAREZ, la tête pensante de ce groupe, au carnet de plongées impressionnant (plus de 90 % de ses plongées ont été effectuées dans des lacs, rivières, marais avec comme seul but étudier la faune et la flore de ces lieux à eau douce, Daniel est également le scientifique, la locomotive et l’homme qui détient l’art d’envouter les plongeurs pour des immersions inhabituelles), Pilar DELGADO GARCIA, historienne venue de Madrid, Victor JIMENEZ LOPEZ, scientifique et spécialiste de biologie sous marine et Javier MONTERO ARANDA, militaire, passionné de plongée dans les divers lacs de la péninsule ibérique. Ce groupe, LIMNOSUB, est une association qui destine essentiellement ses activités, sans aucun but lucratif, à la recherche dans un esprit culturel.

Nous avions donc trois entités : Un groupe espagnol constitué essentiellement de scientifiques et de passionnés de ce monde lacustre, un maître connaisseur en la personne de Fabrice DAGA qui s’occupe essentiellement de la partie matériel, organisation d’accès au lac gelé, test de résistance de l’épaisseur de la glace, mise en forme du triangle d’accès, conseils de sécurité, etc… et un groupe de français prêt à en découdre avec les éléments naturels et Dieu sait que cette année le contact a été dur.

Samedi matin, levée aux aurores (8 H 00…) déjeuner et briefing sur la plongée en altitude : principe de calcul des plongées, prise de connaissance des diverses pressions, conseils de sécurité, le tout jusqu’à 13 H 00 (l’information a été faite dans les deux langues). On enchaîne sur le repas, mais on se préoccupe également des conditions météo. Le thermomètre est descendu à – 18° cette nuit, (ressenti – 35°). Nous décidons de nous équiper à l’intérieur du refuge et nous nous acheminerons en suivant avec nos voitures jusqu’en un lieu proche du lac.

Nous opérerons de la manière suivante :

Un premier groupe constitué de Fabrice, Lionel et David se rendront sur les lieux pour commencer à tester la glace et dessiner le triangle d’accès. Le matériel est lourd et encombrant surtout lorsqu’on glisse : perceuse, tronçonneuse, luges à matériel, cordes, pitons, etc… Le groupe d’espagnol arrivera en suivant pour préparer également un deuxième trou. L’idée première était d’aller sous la glace d’un trou à l’autre. Cette solution fut abandonnée par la suite pour une option plus intéressante qui était de s’immerger avec le fil d’Ariane et pouvoir aller où bon nous semblerait, mais nous étions loin de savoir ce qui allait arriver. Jean Pierre et moi nous devions approcher du lac pour une immersion préparée par nos amis du fait que nous n’avions pas de combinaison étanche, mais uniquement des semi-sèches (ou humides…). Il fallait se rendre à l’évidence, c’était un jour où on supportait facilement le string. Les bouteilles furent amenées sans trop de difficultés du 4 X 4 jusqu’au bord du trou. Recommandations et rappel de sécurité par Fabrice et on s’équipe. Jean Pierre est assis en face de moi au bord du trou. Nos palmes au pied on se jette un regard et on met l’embout dans la bouche. La première respiration doit se faire immergée de façon à éviter au détendeur de givrer. Vous avez dit « givrer », et bien oui, avant l’immersion le détendeur se met à fuser. Je m’immerge pensant que la « chaleur » de l’eau (2°) allait diminuer le débit constant, il n’en fut rien, bien au contraire. Je refais surface, Fabrice me ferme le premier étage, et je m’immerge à nouveau sur le détendeur de secours. Je reviens à la surface et fais signe à Jean Pierre de me suivre. Nous partons et après avoir fait quelques mètres, mon compagnon du froid m’avertit que son détendeur givre et qu’il est en débit constant, je m’approche de lui et lui fait signe de passer sur celui de secours. C’est fait. Malheureusement son deuxième détendeur givre à nouveau et Jean Pierre se retrouve avec deux détendeurs fusant et voilà qu’à mon tour le mien fait des siennes. Bon, pas la peine de se réchauffer plus longtemps je décide de remonter après avoir quand même jeté un coup d’œil sous la glace et sur le fond. La luminosité n’était pas au rendez-vous, car pas de soleil et avec une couche de neige sur le lac, la luminosité en prend un coup. Ce sera mieux la prochaine fois.

         Nous revenons à la surface et David est là pour donner un coup de main. Que c’est bon de se faire prendre en charge…. A cet instant un coup de vent glacial nous saisit, nous glace, nous durcit, nous étrangle, nous fait frissonner et transforme l’humidité que nous avions sur les combinaisons en un carcan de glace surmonté d’un casque-cagoule qui empêchait le visage de tourner. L’ordinateur se met en carafe, les boutons sont bloqués, quand à celui de la stab il y a bien longtemps qu’il est aux abonnés absents, nos amis espagnols en feront la triste expérience. Petit à petit les bras se raidissent, hop ! hop ! il faut pas rester là. Jean Pierre et moi regagnons le véhicule, et chauffage à fond nous regagnons le refuge avant que l’on se transforme non pas en bonhomme de neige mais en silhouette transparente glacée. Au refuge on arrive à se déséquiper, le plus dur fut les gants qui étaient rivés à la combinaison, mais on y est arrivé en s’aidant mutuellement.

         Nous retournons sur les lieux. Lionel a eu la même mésaventure. Détendeur en carafe. Il utilise le détendeur de Fabrice : ce n’est pas mieux, mais éclaircie dans le tableau le détendeur de David fonctionne, son immersion pouvait être possible mais seul c’était hasardeux. Je ne sais plus trop ce qui s’est passé, s’il a quand même pu descendre,  car en même temps nos amis espagnols dans le trou voisin rencontrent le même bonheur. Le piston de la stab de l’un des plongeurs s’est bloqué et voilà qu’il s’est trouvé collé au plafond. En rampant, c’est bizarre lorsqu’il s’agit de toit, il a pu regagner le triangle salvateur et s’extraire du lac. Deux autres compagnons ibériques connurent les mêmes déboires. Fin de la plongée, on a assez donné.

         Retour tous ensemble au refuge. Ah une bonne nouvelle pour nos amis plongeurs espagnols, le gasoil de l’un des véhicules est gelé et la voiture est condamnée à rester sur les lieux jusqu’à la fonte des neiges, mais tant pis, la bonne humeur est quand même au rendez-vous et puis le véhicule était un engin de location, alors l’organisme loueur s’en débrouillera. La fin de l’après midi se déroule autour d’une table avec une bonne « infusion » et tous ensemble nous refaisons le monde. Daniel nous fait une conférence sur les plongées et la vie lacustre fort intéressante. Leur gentillesse n’a d’égal que l’amitié qui s’en détache pour des moments de bonheur mais malheureusement éphémères. Lionel et Jean Pierre consultent avec étonnement et ravissement les carnets de plongées de nos homologues spécialistes en eau douce et nous rêvons à des batraciens, moules et autres habitants des eaux glaciales sans oublier le royaume des plantes que nous n’avons jamais vus. Heureux ceux qui savent.

         C’est Dimanche. Dans la chaleur du refuge (9°) et après avoir passé une nuit d’enfer grâce aux doux ronflements de Fabrice, nous nous levons sous une tempête de neige, avec une épaisseur considérable sur les véhicules. Le départ va être difficile.

         Fabrice aurait bien voulu nous apporter un complément d’informations mais d’un commun accord nous décidons de reporter cet enrichissement à l’année prochaine. Les drapeaux, banderas et autres marques de notre activité fédérale sont de sortie et fixés à l’entrée du refuge pour une photo pleine de bons moments et fortement chaleureuse, heureusement, vu les flocons qui tombent en quantité.

         C’est le retour, la route est recouverte de neige mais grâce à nos montures adaptées nous sonnons le départ.

         Bien sur, on pourra dire tout ce qu’on voudra, la plongée ne fut pas trop au rendez-vous, mais ce fut une sacré expérience et surtout le bonheur d’avoir passer un moment sympa, confraternel et convivial. A l’année prochaine…

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